Le syndrome de la tête plate, vous connaissez?

Depuis les dernières années, Santé Canada et la Société canadienne de pédiatrie recommandent de faire dormir bébé sur le dos pour prévenir le syndrome de mort subite du nourrisson. Cette campagne de sensibilisation, bien que nécessaire, a probablement une incidence sur la hausse des cas de syndrome de la tête plate ou d’asymétrie crânienne, également nommés plagiocéphalie, que nous recevons dans nos bureaux.

Qu’est-ce que la plagiocéphalie?

 La plagiocéphalie ou, plus précisément, la plagiocéphalie postérieure non synostotique, dont il est question dans cet article, est en fait un aplatissement du crâne qui survient à la suite d’une pression externe prolongée sur la tête de bébé. À la naissance, le crâne du nourrisson est très malléable en raison de l’absence d’ossification au niveau des sutures, c’est-à-dire des jonctions entre les différents os du crâne. Cette malléabilité permet le chevauchement des os du crâne dans le passage vaginal lors de l’accouchement et favorise la croissance rapide du cerveau. À cause de cette malléabilité, il est donc possible que le crâne subisse une déformation dans différents contextes. De plus, dans certains cas, le changement dans la forme du crâne a également des effets sur le visage : par exemple, un front plus bombé et une oreille plus avancée du même côté, ou une asymétrie à la hauteur des yeux et dans l’alignement de la bouche. Généralement, le syndrome de la tête plate apparaît dès les premières semaines de vie du nourrisson, voire dès sa naissance. Il est donc important de profiter de cette période pour effectuer les traitements nécessaires à la diminution de l’aplatissement. La plagiocéphalie peut entraîner non seulement des tensions musculaires, des asymétries posturales et une déviation de la mâchoire susceptible, entre autres, de nuire à la succion et à l’allaitement, mais aussi des retards sur le plan du développement moteur global de l’enfant dans ses premiers mois de vie. Il est donc important de s’en préoccuper. Ainsi, plus un enfant est évalué rapidement à la naissance, moins la plagiocéphalie aura de répercussions.

Quelques causes possibles

  •  Une position intra-utérine où bébé manque d’espace
  • Une diminution de la mobilité cervicale, possiblement reliée à un torticolis congénital, pouvant être associée à l’utilisation de ventouse ou de forceps lors de l’accouchement. Dans ce cas, bébé aura une préférence pour maintenir sa tête toujours à gauche ou à droite.
  • De longues périodes sur le dos dans la coquille, la poussette ou la balançoire de bébé et moins de trois périodes d’éveil sur le ventre par jour. Dans ce cas, on peut parler de plagiocéphalie positionnelle.

 Quelques conseils afin de la prévenir

  •  Mettez votre bambin sur le ventre durant les périodes d’éveil de 10 à 15 minutes au moins trois fois par jour. La position ventrale est non seulement indiquée pour la prévention de la plagiocéphalie, mais aussi pour le développement visuel et moteur. Plus vous commencez tôt après la naissance et maintenez un horaire régulier de temps au sol sur le ventre, plus votre enfant pourra renforcer ses muscles du cou, du tronc et des épaules. Par exemple, vous pouvez placer bébé sur le ventre quelques minutes après chaque changement de couche et lors du séchage après le bain. Une autre bonne façon d’encourager la position ventrale est de placer bébé sur le ventre et de vous coucher en face de lui; votre enfant sera attiré par votre visage et votre voix. Le fait d’être en face de lui l’incitera à relever la tête. Bougez d’un côté à l’autre afin de l’encourager à tourner la tête.
  • Changez la position du bébé fréquemment, de sorte que les stimulations qu’il reçoit de son environnement ne proviennent pas toujours du même côté. Par exemple, lorsque vous allaitez votre bébé, changez de côté à chaque boire.
  • Variez le sens dans lequel vous le placez dans la couchette; orientez la tête du bébé vers la tête ou le pied du lit, tous les jours en alternance. Il voudra voir la chambre et les objets qui s’y trouvent, et se tournera donc la tête dans cette direction. Elle sera ainsi positionnée d’un côté différent chaque nuit.
  • Évitez d’utiliser le siège auto pour autre chose que les déplacements en voiture. Toutefois, si vous devez utiliser la coquille à l’extérieur (sur le panier d’épicerie, par exemple), assurez-vous que l’enfant maintient une posture droite en plaçant un rouleau sur le côté du corps.

Le traitement chiropratique

Pour traiter la plagiocéphalie positionnelle, il faut d’abord limiter les forces qui exercent une pression sur les os crâniens au moyen des méthodes de prévention mentionnées précédemment, puis corriger les dérangements mécaniques qui empêchent votre poupon de se tourner la tête sans gêne des deux côtés à l’aide de thérapies manuelles telles que la chiropratique. Votre chiropraticienne est apte à diagnostiquer la plagiocéphalie positionnelle et à corriger les restrictions de mouvement du cou qui prédisposent à cet état. Il est important d’agir le plus tôt possible, dans les premiers mois de vie, puisque les os crâniens sont encore mobiles.

Grâce à des techniques douces et adaptées aux nouveau-nés et aux jeunes enfants, les soins chiropratiques permettent :

  • de favoriser l’alignement, la symétrie et la mobilité des structures articulaires et crâniennes;
  • de rétablir la mobilité cervicale;
  • d’assouplir la musculature cervicale;
  • d’assurer un développement moteur optimal;
  • d’assurer un alignement postural adéquat.

Le traitement de la plagiocéphalie inclut également des exercices à la maison et des conseils posturaux. Il est aussi important de donner des recommandations sur le positionnement optimal de bébé aux parents et à tous ceux qui entourent bébé. Ils sont des alliés essentiels à l’obtention de bons résultats. Pour les cas sévères de difformité qui ne répondent pas aux traitements initiaux, la thérapie par moulage (port du casque) peut être indiquée et devrait commencer avant huit mois.

 

Vous pensez que votre enfant présente certains signes de plagiocéphalie? Vous avez des questions concernant cet article? N’hésitez pas à m’écrire au info@emmanuellechiro.ca et c’est avec plaisir que j’en discuterai avec vous!

 

Dre Emmanuelle, votre chiropraticienne de famille

 

Références

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Cummings, Carl. La plagiocéphalie positionnelle, Paediatr Child Health, 2011; 16 (8): 495-6

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Saeed NR, Wall SA, Dhariwal DK. Management of positional plagiocephaly. Arch Dis Child 2008;93:82-4.

Steward M, Mortenson P. A Clinician’s Guide to Positional Plagiocephaly: Everything you need to understand, prevent, identify and treat positional plagiocephaly. BC Children’s Hospital, June 2008;1-6.

Xia JJ, Kennedy KA, Teichgraeber JF, Wu KQ, Baumgartner JB, Gateno J. Nonsurgical treatment of deformational plagiocephaly: A systematic review. Arch Pediatr Adolesc Med 2008;162:719-27.

Association des chiropraticiens du Québec 

Association québécoise de chiropratique pédiatrique et périnatale 

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