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La périostite tibiale ou medial tibial stress syndrome (MTSS) est une blessure fréquente chez le coureur. Elle se présente par une douleur à l’intérieur du tibia et elle représente de 13 à 35% des lésions répertoriées dans la pratique de ce sport, selon les études. Ce qu’il faut savoir, c’est qu’une première blessure vous expose à des récidives, que ce soit sur la même jambe ou sur l’autre, et de façon extrêmement fréquente.

Cause de la périostite tibiale

La cause exacte de la périostite reste sujette à discussions dans la littérature scientifique. Pour la majorité des auteurs, il s’agirait d’une hypersollicitation de la membrane entourant l’os, soit le périoste. Cette hypersollicitation serait due à la traction des muscles postérieurs du mollet, des muscles de la loge profonde et du fascia crural profond. Les tractions musculaires répétées par des muscles fatigués et raides seraient responsables de microlésions au niveau du tibia. Les délais de récupération trop courts liés à la répétition des entraînements favoriseraient donc ces lésions.

L’examen clinique

Poser un diagnostic de périostite est souvent relativement simple :

  • Notre patient se présente à la clinique souvent avec une histoire d’intensification de l’entraînement de course à pied ou de compétitions rapprochées.
  • Sa douleur est augmentée par l’activité physique et diminuée par le repos.
  • Sa douleur se localise du côté postéro-médial du tibia, ou au tiers inférieur sur une distance d’au moins 5 cm, et est reproduite par la palpation directe.
  • Dans plus de 50% des situations, l’atteinte est présente des deux côtés.
  • Dans certains cas, il est possible d’observer une légère inflammation ainsi qu’une sensation de chaleur locale.

Lors de l’examen clinique, il est souvent possible d’évaluer le grade (1 à 4) de la périostite. Cependant, certains cas particuliers nécessiteront des imageries spécialisées. Ainsi, un examen complet est nécessaire afin de pouvoir exclure tous les diagnostics différentiels possibles.

Les facteurs de risque

  • Une course en rotation externe (due à une rotation externe de hanche exagérée);
  • Une hyperpronation du pied (arche plantaire affaissée ou pied plat);
  • Une hyperpronation dynamique du pied (affaissement de l’arche plantaire lors de la course);
  • Un poids élevé du coureur;
  • Le genre (les femmes ont un risque relatif double à quadruple, selon les études);
  • L’antécédent de périostite (le risque relatif est multiplié par 18 à 32);
  • Un manque de stabilisation du bassin (principalement par défaut des abducteurs de hanche);
  • Un changement d’intensité d’entraînement (augmentation nette de la charge, soit plus de 15% par semaine);
  • Une absence d’étirements;
  • Une course sur asphalte ou sur route bombée.
  • Une chaussure inadaptée ou trop usée.

 Traitement

À la suite de votre évaluation, il sera possible de déterminer quelles modalités de traitement conviennent le mieux à votre condition. Dépendamment de la gravité de votre condition, je pourrai recommander un repos partiel ou total. En effet, dans bien des cas le repos sportif est essentiel. Les activités physiques en décharge (par exemple la natation) ou ne reproduisant pas les impacts de la course à pied (par exemple le vélo) peuvent toutefois être maintenues. Si un repos est nécessaire, la durée variera selon la gravité de votre condition.

Durant cette période, des recommandations d’application de glace et des traitements d’ultrasons, ainsi que l’application d’un bandage sportif neuro-proprioceptif (taping) seront envisagés. De plus, selon votre examen, des modalités de thérapie manuelle et de relâchement musculaire seront appliquées. En effet, il est nécessaire de porter un intérêt à la chaîne musculaire complète ainsi qu’à la mobilité du bassin et des articulations du membre inférieur.

Progressivement, des exercices d’étirement (loge postérieure) et de renforcement (muscles intrinsèques du pied et des stabilisateurs de hanche) seront recommandés. Au moment propice, une reprise graduelle de la course, sans douleur, sera préconisée. Et finalement, dans la majorité des cas, des conseils sur le volume et la charge d’entraînement, ainsi que sur la technique de course seront nécessaires. Le tout, pour un rétablissement dans les meilleures conditions et pour éventuellement diminuer les risques de récidive.

Dre Emmanuelle, votre chiropraticienne à Mirabel

Références

Yates B, White S. The incidence and risk factors in the development of medial tibial stress syndrome among naval recruits. Am J Sports Med 2004 ; 32 : 772‑80. 

Reinking MF, Austin TM, Richter RR, Krieger MM. Medial tibial stress syndrome in active individuals: a systematic review and meta-analysis of risk factors. Sports Health 2017 ; 9 : 252‑61. 

Hubbard TJ, Carpenter EM, Cordova ML. Contributing factors to medial tibial stress syndrome: a prospective investigation. Med Sci Sports Exerc 2009 ; 41 : 490‑6. 

Bennett JE, Reinking MF, Pluemer B et al. Factors contributing to the development of medial tibial stress syndrome in high school runners. J Orthop Sports Phys Ther 2001 ; 31 : 504‑10. 

Garnock C, Witchalls J, Newman P. Predicting individual risk for medial tibial stress syndrome in navy recruits. J Sci Med Sport 2018 ; 21 : 586‑90. 

Moen MH, Tol JL, Weir A et al. Medial tibial stress syndrome: a critical review. Sports Med Auckl NZ. 2009 ; 39 : 523‑46. 

Kortebein PM, Kaufman KR, Basford JR, Stuart MJ. Medial tibial stress syndrome. Med Sci Sports Exerc 2000 ; 32 : S27-33. 

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