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SOS douleur à l’épaule

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Les douleurs aux épaules sont un motif de consultation très fréquent à mon bureau, particulièrement chez les gens de plus de 50 ans. En effet, l’épaule est sollicitée dans la majorité des gestes du quotidien, ce qui la rend très vulnérable. À force de mouvements répétés et avec l’accumulation des années, l’épaule peut, même sans traumatisme particulier, devenir douloureuse. Cet article est un survol de plusieurs affections pouvant apparaître aux épaules. Pour faciliter votre lecture, le tout est organisé sous forme de points concis. Allons-y, plongeons!

Un peu d’anatomie

D’abord, il faut savoir que dans une articulation, de manière générale, les muscles s’attachent aux extrémités des os par leurs tendons. Également, afin d’empêcher le contact direct de l’os avec le tendon, des poches de liquide, appelées bourses séreuses, sont fixées aux os. Le liquide synovial contenu dans ces poches sert en quelque sorte d’amortisseur et facilite le glissement des articulations.

L’épaule est l’articulation la plus mobile du corps humain et il y a peu ou pas de stabilisation par les os. Le complexe de l’épaule, également appelée la ceinture scapulaire, est composé de quatre articulations qui travaillent en synergie pour augmenter la mobilité :

  • l’articulation acromio-claviculaire (entre le bout de l’épaule et la clavicule);
  • l’articulation sterno-claviculaire (entre le sternum et la clavicule);
  • l’articulation gléno-humérale (ce qu’on associe à l’épaule comme telle : entre la tête humérale et la glène de l’omoplate);
  • l’articulation scapulo-thoracique (entre l’omoplate et les côtes dans le dos).

La majeure partie de la stabilité doit donc être assurée par d’autres structures telles que la capsule articulaire (l’enveloppe de l’articulation), le labrum (anneau de fibro-cartilage qui entoure la cavité glénoïde), les ligaments et plus particulièrement les muscles.

Les principaux groupes musculaires de l’épaule sont les suivants :

  • Fléchisseurs — deltoïde (fibres antérieures), coraco-brachial, biceps, grand pectoral (chef claviculaire);
  • Extenseurs — deltoïde (fibres postérieures), grand pectoral (chef sternocostal), triceps, grand rond, grand dorsal;
  • Adducteurs — deltoïde (fibres antérieures et postérieures), grand dorsal, grand pectoral, coraco-brachial, grand rond;
  • Abducteurs — deltoïde, supra-épineux;
  • Rotateurs externes — petit rond, sous-épineux, deltoïde (fibres postérieures);
  • Rotateurs internes — grand pectoral, grand rond, sous-scapulaire, deltoïde antérieur.

Parmi l’ensemble de ces muscles, on en retrouve quatre principaux qui participent à la coaptation ou à la stabilisation de l’épaule; ils forment ce qu’on appelle la coiffe des rotateurs. Il s’agit du supra-épineux, de l’infra-épineux, du petit rond et du sous-scapulaire. Le muscle le plus souvent blessé parmi les quatre est le supra-épineux étant donné la position anatomique de son tendon.

Causes possibles de douleur à l’épaule

  • Trauma;                     
  • Surmenage (mauvaises postures répétées, mouvements répétitifs, etc.);              
  • Douleur référée :
  • d’origine cervicale (facettes articulaires);
  • d’origine viscérale (diaphragme, vésicule biliaire, poumons, cœur);
  • Douleur radiculaire ou radiculalgie (plexus brachial, compression ostéophytique ou causée par l’usure);
  • Arthrite/arthrose;
  • Autres (infections, tumeurs, etc.).

Quelques affections qui touchent fréquemment les épaules

NomDescriptionSignes et symptômesMouvements douloureuxNote
Tendinopathie (tendinite ou tendinose) de la coiffe des rotateurs ou du supra-épineux• Tendinopathie = terme général pour décrire toute affection au tendon
• Tendinite = inflammation d’un tendon
• Tendinose = processus dégénératif non inflammatoire du tendon
• Douleur à un point précis sur l’épaule
• Douleur diffuse sur le côté de l’épaule
• Douleur lors du mouvement et même parfois au repos
• Lever le bras sur le côté
• Rotation vers l’arrière avec le bras à 90°
• Selon l’intensité, les amplitudes exécutées par le chiropraticien peuvent être douloureuses
Une rupture partielle ou complète du ou des tendons peut également être présente.

Dans les cas où le traitement conservateur ne donne pas les résultats attendus, les imageries spécialisées (échographie, imagerie par résonnance magnétique [IRM], etc.) permettront de déterminer la présence d’une telle lésion.
Ténosynovite du chef long du biceps• Tendinite caractérisée par une inflammation d’un tendon et de sa gaine synoviale• Douleur devant l’épaule (coulisse bicipitale)
• Douleur lors du mouvement et même parfois au repos
• Lever le bras vers l’avant
• Selon l’intensité, les amplitudes exécutées par le chiropraticien peuvent être douloureuses
Bursite sous-acromiale• Inflammation de la bourse séreuse
• Toutes les bourses de l’épaule peuvent être enflammées
• La bourse sous-acromiale est la plus fréquemment touchée
• Douleur reproduite par la pression directe de la bourse
• Souvent le patient hausse l’épaule du côté de la bursite pour réduire la pression sur la voûte acromiale et diminuer la douleur
• Lever le bras sur le côté
• Lever le bras vers l’avant
• Rotation vers l’arrière avec le bras à 90°
• Selon l’intensité, les amplitudes exécutées par le chiropraticien peuvent être douloureuses
Entorse acromio-claviculaire• Concerne principalement les structures ligamentaires: grade 1 (élongation ligamentaire), grade 2 (élongation ligamentaire avec déchirure partielle) et grade 3 (déchirure complète avec instabilité importante)• Grade 2-3 = déformation en « note de piano » peut être visible (extrémité de la clavicule surélevé)
• Possible présence d’un hématome et d’une enflure
• Hausser l’épaule
• Croiser les bras devant la poitrine
• Soulagement lors du support de l’épaule avec l’aide de l’autre bras
Pour les grades 2 et 3, des radiographies sont souvent nécessaires afin d’éliminer une fracture distale de la clavicule et de déterminer la gravité de l’entorse.

Notez que diverses classifications existent, soit de 1 à 3 ou de 1 à 6.
Capsulite adhésive• La capsule articulaire de l’épaule se « rétracte » et s’épaissit.
• Surtout chez les gens âgés de 40 à 60 ans
• Plus fréquente chez les femmes
• On ne connaît pas sa cause exacte
• Apparition graduelle de douleur
• Perte de mouvement progressive de l’épaule
• Pratiquement toutes les amplitudes de mouvement actives (exécutées par le patient) et passives (exécutées par le chiropraticien)Bien que le pronostic soit favorable pour la majorité des personnes atteintes, la guérison complète peut être longue, le temps de récupération pouvant aller d’une à deux années.

Certaines restrictions de mobilité peuvent persister, particulièrement au regard de l’amplitude des mouvements.

Traitement et approche thérapeutique

 Le traitement global est semblable pour la plupart des affections vues ci-dessus.

Dans la phase initiale, j’utilise certaines thérapies complémentaires (comme l’ultrason et le bandage thérapeutique) afin de diminuer l’inflammation. Dans cette phase, mes conseils sont très importants afin d’éviter de toujours réactiver l’inflammation.

Lorsque l’inflammation est diminuée, je peux aller travailler les tissus mous (fascias, muscles, tendons, ligaments, capsules, etc.) à l’aide de plusieurs méthodes différentes telles que l’Active Realease Technique (ART), la méthode Graston (traitement fait à l’aide d’instruments brevetés en acier inoxydable), des points gâchettes (pression ischémique), des frictions transverses, des massages profonds, etc. Toutes ces modalités de traitement ont pour but de diminuer la douleur et les adhérences présentes dans les muscles. Elles permettent également de relâcher les muscles et les spasmes musculaires protecteurs particuliers. Des manipulations ou des ajustements articulaires de la colonne vertébrale peuvent également être effectués afin de redonner une amplitude et un mouvement optimaux.

Lorsque la douleur a beaucoup diminué et que la fonction s’améliore, je vais souvent établir un programme de réadaptation de l’épaule avec des exercices précis de renforcement et de proprioception/stabilisation afin d’éviter les récidives. Dans certains cas, une cogestion avec un kinésiologue peut accélérer et améliorer les résultats afin de s’assurer d’un bon retour aux activités.

Gardez en tête que ce plan de traitement est donné à titre indicatif pour que vous ayez une idée globale du traitement. Il s’agit en fait d’un processus précis et personnalisé, car chaque blessure est différente et chaque personne l’est tout autant. Dans certains cas, une cogestion avec le médecin est souhaitable afin d’accélérer le processus de guérison. Ne tardez pas à vous soigner, car plus vous attendez, plus il y a de chance que votre blessure s’aggrave et plus il sera long de retrouver votre état de santé d’origine.

Dre Emmanuelle, votre chiropraticienne à Mirabel

 Références

 Mya Lay Sein et coll. Shoulder pain in elite swimmers: primarily due to swim-volume-induced supraspinatus tendinopathy. British Journal of Sports Medicine, 2010: 44, pp. 105-113.

Pnbicevic et coll. Rotator cuff impingement. Journal of Manipulative and Physiological Therapeutics, Volume 27, 2005, pp. 80-590.

Andreas H. Gomoll et coll. Rotator Cuff Disorders Recognition and Management Among Patients With Shoulder Pain. Arthritis and Rheumatism, Volume 50, Numéro 12, Décembre 2004, pp. 3751–3761.

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